Lettres à un ami: Prière et vie

Panorama, octobre 2006

Cher Jean,

Ta lettre m’est bien parvenue et j’ai été heureux de te lire. Face à mon invitation à prier devant les événements tragiques du monde qui nous déconcertent, tu exprimes ton incompréhension. Tu te dis étonné de la place que j’accorde à la prière ; celle-ci te semble une fuite rassurante et une consolation à bas prix, alors que l’attitude chrétienne cohérente, à tes yeux, serait l’engagement « concret » aux côtés des victimes de l’histoire. Je voudrais alors essayer de réconcilier nos positions apparemment contradictoires, en te disant en quelques mots l’implication concrète que comporte la prière, si on parvient à lui donner réellement corps dans notre vie.
Avant tout, je crois que ton étonnement face à ma proposition serait moindre si tu saisissais la dimension pleinement humaine et le caractère universel de la prière. Des personnes innombrables y recourent, dans les diverses cultures et à toutes les époques, et cette pratique les pousse non pas à l’immobilisme, mais les amène à transformer foncièrement leur existence. Certes, l’homme peut tomber dans l’illusion, il peut se construire son propre dieu, à sa propre image, il peut donner l’apparence d’un dialogue à ce qui n’est en réalité qu’un monologue, il peut pervertir la prière en magie ou en superstition, il peut la trahir de bien des manières… Toutefois, lorsqu’on comprend avec sympathie l’authenticité humaine de l’acte de prier (dont témoignent les textes fondateurs et l’expérience de bien des orants au cours de l’histoire), notre regard peut changer et reconnaître que la prière n’est pas nécessairement une évasion hors de l’histoire, ni une habitude aliénante qui dé-responsabiliserait l’homme.
En effet, la prière te pousse à prendre place aux côtés des autres hommes et avec eux devant Dieu, pour t’engager dans une relation vivante et opérante. Si le mot ne paraissait pas trop grandiloquent, j’oserais dire qu’il est une éthique de la prière, et de la prière chrétienne en particulier, qui se fonde sur l’affirmation constante du « Tiers » : Dieu n’est pas seulement l’Autre, le Tout Autre, mais il est le Tiers entre le monde et toi, entre les autres humains et toi, entre la communauté des croyants et toi. Et si le Dieu que tu pries demeure invisible et apparemment silencieux, c’est pour manifester qu’il n’est en rien totalitaire. Non, il te laisse au contraire la place et le temps pour émerger toi-même, pour formuler ta propre parole, pour prendre la position que la situation du moment et ta conscience te dictent ; en un mot : dans la prière, Dieu t’appelle à ton tour à t’engager et à agir…
N’est-ce pas précisément cela qu’exprimait Dietrich Bonhoeffer, enfermé dans la prison berlinoise de la Gestapo, lorsqu’il affirmait que « notre être chrétien ne peut aujourd’hui consister qu’en deux choses : la prière et faire ce qui est juste parmi les humains » ? Oui, la vie chrétienne se réduit à ces deux aspects, qui sont inséparables : la prière, dont découle l’action juste parmi les hommes.
Comment cela se produit-il ? Lorsque tu pries, tu te situes devant Dieu et tu te tiens avec lui, pour te dire toi-même, mais pour dire aussi les autres et le monde ; et ainsi tu « te reçois toi-même » de la part de Dieu, comme à nouveau, et tu découvres également les autres et le monde sous une lumière nouvelle. L’efficacité de la prière consiste dans le fait qu’elle transforme celui qui prie, qu’elle convertit son cœur et qu’elle affine l’image de Dieu qu’il porte en soi. Et il n’existe qu’une unique image du Dieu invisible, que le croyant est appelé à réaliser dans son existence : le Christ, qui donne sa vie par amour, qui aime jusqu’à ses ennemis et prie pour ses tortionnaires au moment même où ils le maltraitent. Ainsi l’« éthique » à laquelle tend la prière est la conformation de la vie des chrétiens à celle du Christ. J’irais dès lors jusqu’à dire que l’intercession ne culmine pas tant dans des paroles sur les autres, adressées à Dieu, mais dans une vie devant Dieu, dans la position du Crucifié, les bras étendus, en pleine solidarité avec les hommes. Tu le vois, il y a bien une étroite réciprocité entre la prière pour l’autre et l’amour actif pour lui.
Oui, à la suite du Christ, ta prière responsable pourra rendre la vie belle à ceux qui t’entourent !

Ton ami Enzo

Ma i diritti dell’uomo non hanno confini

Ma i diritti dell’uomo non hanno confini

Famiglia Cristiana, 27 agosto 2006

La vicenda di Hina, la giovane pakistana uccisa dai suoi stessi familiari per aver intrapreso una vita libera in un paese libero, ci ricorda tragicamente come non possiamo mai dare per acquisite una volta per tutte e da tutti le conquiste raggiunte nel campo dei diritti umani: non dobbiamo dimenticare, per esempio, che anche nel nostro paese le attenuanti per il “delitto d’onore” sono state abolite solo venticinque anni fa. D’altro lato ci interpella su cosa significhi integrazione, assimilazione, accoglienza, rispetto di chi è “altro” per cultura, tradizioni, religione all’interno di una convivenza civile e laica come quella che ci prefiggiamo di vivere in Europa e in Italia. Accoglienza e integrazione infatti non sono date solo da un posto di lavoro più o meno precario, ma includono la possibilità di un alloggio decente, di percorsi educativi per i bambini, socioculturali per gli adulti tali da permettere anche a questi “altri” di contribuire all’edificazione della polis comune. Altrimenti saranno passati dal loro inferno a un nuovo inferno, separato dalle nostre case da un muro di impenetrabilità quando non addirittura di cemento.

Ora, ogni società ha leggi, usanze, tradizioni proprie, ma questo non significa affatto che qualsiasi comportamento sia lecito per il solo fatto che tale viene considerato in un determinato ambito culturale: vi è infatti anche un patrimonio universale che si è venuto configurando nel corso dei secoli e che deve costituire un baluardo intangibile di civiltà da salvaguardare attivamente contro chi, all’interno di quella società, non sa o non vuole attingervi. A questo patrimonio di principi “non negoziabili” deve attenersi chiunque entri a far parte di una determinata convivenza civile nella nostra epoca segnata più di altre dall’incontro tra mondi un tempo non comunicanti.

In questo senso vi è un aspetto importante, eppure poco approfondito, nel recente disegno di legge che riforma tempi e modalità per l’acquisizione della cittadinanza italiana: il passaggio dallo ius sanguinis allo ius soli. Finora, in linea con un’usanza impostasi in Europa con il sorgere e l’affermarsi degli stati nazionali, si diventava cittadini italiani alla nascita se si aveva un genitore italiano: prevaleva cioè il “diritto del sangue”. Ora si fa strada, pur con alcune limitazioni, il “diritto del suolo” – in vigore da tempo nel mondo anglosassone, ma risalente addirittura al diritto romano – in virtù del quale diventa cittadino italiano chi nasce sul “suolo” italiano.

Più che a prendere atto di una mutazione sociologica da paese d’emigrazione a paese d’immigrazione, questo cambiamento ci porta a riflettere su cosa oggi determina una “eredità sociale”: il sangue, il patrimonio genetico, l’appartenenza a una determinata famiglia, oppure il suolo, la condivisione di un territorio fisico e uno spazio legislativo? Cosa ci consente di dire: “da noi questo non si fa”? Cosa definisce il “da noi”? L’abitudine ci porterebbe a rispondere appellandoci solamente alle “radici” cristiane, anche se magari nel frattempo le abbiamo lasciate seccare: tesoro prezioso, non solo per i credenti ma per l’umanità intera. Ma non possiamo fermarci qui: nelle nostre terre di antica cristianità, l’incarnarsi del messaggio evangelico si è intrecciato, sovente anche in modo fecondo, con le ricchezze di altre culture e religioni fino a dar corpo a un insieme di convinzioni irrinunciabili esplicitate nella Dichiarazione universale dei diritti dell’uomo e, in Italia, nei principi fondamentali della Costituzione: è questo il “suolo” comune che ci è chiesto di difendere da perverse interpretazioni dei vincoli di sangue e di religione. La povera Hina non è forse stata una vittima del “sangue” tribale? E non avrebbe dovuto trovare protezione sul “suolo” di una legge condivisa, nell’humus vitale dei diritti dell’uomo che nessun codice ancestrale può e deve violare?

Enzo Bianchi